KABILA INCARNATION DE P. LUMUMBA ET L.D. KABILA

Comme chez ces illustres devanciers, unité du pays, indépendance économique et panafricanisme sont au coeur de l’action politique du Chef de l’Etat. Avec pour credo, comme le Mzée: ne jamais trahir le Congo.

                                                                                                                                                                       par Wa Mutshimbayi

Dans une interview accordée à Jeune Afrique L’Intelligent au mois de juillet 2001, 6 mois après l’assassinat du Président Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001, le président Joseph Kabila Kabange décline son identité politique. A la question de savoir «quel personnage de l’histoire contemporaine admirezvous le plus ? Il répond: Il y a sur le mur, derrière mon bureau, un grand portrait du président Laurent Désiré Kabila, mon père. Je compte en ajouter un autre, celui de Lumumba. Ce sont nos héros». Les valeurs pour lesquelles ces héros sont morts vont marquer toute sa présidence : unité du pays, indépendance économique et panafricanisme. A l’autre question de savoir «quelle est la principale vertu que vous a léguée votre père ? Il répond : «La détermination. Savoir ce que l’on veut. S’en donner les moyens. Ne pas dévier. Aller jusqu’au bout.». Ni aliéné ni idéologue dogmatique, Joseph Kabila reste un homme pragmatique.

Contrairement à Patrice Lumumba et Laurent Désiré Kabila, de grands orateurs, Joseph Kabila est un homme réservé et peu enclin aux grands discours. Cela est dû, comme il le dit lui-même, à «mon expérience et mon éducation (qui) m’ont appris à contrôler mes émotions». Ce tempérament lui a permis de gérer des crises politiques et militaires aigues depuis qu’il est à la tête de l’Etat congolais. Arrivé au pouvoir après l’assassinat de son père, Joseph Kabila va s’atteler à la réunification du pays occupé par les rebelles. De là, il va cogérer la transition politique avec trois vice-présidents venant des oppositions armées et civiles pendant cinq ans.

En ce qui concerne sa vision politique, Joseph Kabila s’inscrit dans la ligné de Patrice Lumumba et de Laurent Désiré Kabila pour défendre l’unité du Congo. Dès qu’il est entré en fonction, la première chose à faire, c’était l’unification du pays divisé  en trois grandes parties occupées par les rebelles. Dans une interview accordée à la Voix d’Amérique en juillet 2001, Joseph Kabila donne sa vision : «Personnellement, j’aimerais bien voir un Congo uni (aujourd’hui nous ne sommes pas unis), un Congo stable, démocratique pour bâtir un pays ou pour commencer avec le développement.» A cet égard, l’unité de la République démocratique du Congo reste une marque de sa présidence. Face aux menaces de la balkanisation de la République Démocratique du Congo, tout au long de sa présidence, il ne cesse de clamer haut et fort sa détermination à préserver l’intégrité territoriale du Congo. Conscient de ce que les richesses du Congo sont très convoitées, il va construire une armée républicaine et patriotique capable de défendre les frontières et les richesses de la Rdc. Selon Global Fire Power de 2017 basé aux Etats-Unis d’Amérique, les Forces armées congolaises (FARDC) sont classées 10ème parmi les armées puissantes en Afrique.

Par ailleurs, le président Joseph Kabila s’est engagé, note son Directeur de cabinet, le professeur Néhémie Mwilanya «à oeuvrer, sans relâche, pour honorer le serment des pères de l’indépendance du Congo traduit solennellement dans notre hymne national, celui de bâtir un pays plus beau qu’avant, celui d’assurer la grandeur.

Telle a été la passion du Premier ministre, Patrice Emery Lumumba, telle a été également la passion de Mzee Laurent-Désiré Kabila qui, tous deux, ont versé leur sang pour l’autodétermination de notre cher et beau pays.».

Et le président Joseph Kabila l’a rappelé à l’occasion du 56ème anniversaire de l’indépendance : «30 juin 1960-

30 juin 2016, cela fait exactement 56 ans depuis que nos Pères de l’Indépendance nous ont légué un bel héritage, celui d’un Congo affranchi de toute servitude et domination étrangère, avec un peuple libre, digne et fier d’être Congolais: un grand peuple au coeur du continent.»

C’est le peuple qui est au centre de cette quête de l’indépendance.

Pour le président Joseph Kabila, relève Néhémie Mwilanya, «ce qui est au coeur de l’action, c’est l’exigence du respect du droit à l’auto-détermination du peuple congolais, directement ou à travers ses institutions représentatives.»

Quant à sa vision du développement du Congo, après avoir hérité d’un pays délabré par plusieurs années de guerres et de pillages, Joseph Kabila va lancer la révolution de la modernité. Pour le professeur Néhémie Mwilanya, la vision du chef de l’État, Joseph Kabila Kabange, est essentiellement basée sur sa passion du développement de la RDC pour en faire un Congo économiquement fort, assis sur des infrastructures de base modernes avec une prospérité résultant des efforts individuels et collectifs bien consentis et dont les fruits sont équitablement répartis. L’objectif étant de faire du Congo un pays émergent à l’horizon 2030.

Ce Congo émergent se place dans le cadre du développement de l’Afrique. Répondant à une question posée par le panafricaniste Edem Kodjo pour la revue Géopolitique africaine au mois d’avril 2004, le président Joseph Kabila

précise sa pensée quant au développement de l’Afrique «Si nous voulons le développement du continent par l’entremise du Nepad, il est important de comprendre que le peuple est l’élément clé, le moteur du développement de l’Afrique. C’est au peuple africain de faire son histoire. Rien ne doit lui être imposé. Il s’agit de l’appeler à adhérer aux projets susceptibles d’intéresser sa vie. Le Nepad doit créer une synergie pour pouvoir incarner les espoirs des peuples d’Afrique.». Sur ce plan, Joseph Kabila reste sur la lignée des panafricanistes tels que Patrice Lumumba, Laurent Désiré Kabila, Kwame Nkrumah, Julius Nyerere et Nasser.

De toute évidence, le président de la République inscrit son combat politique dans la lignée de celui des pères de l’indépendance et, spécialement, celle des nationalistes progressistes. Il est l’incarnation de la pensée de Lumumba et de Laurent Désiré Kabila : «unité du pays, indépendance économique, panafricanisme, l’auto-prise en charge et, ne jamais trahir le Congo».

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